Mohammed Dib

Mohammed Dib naît le 21 juillet 1920 en Algérie, dans une famille de la petite bourgeoisie tlemcénienne.

Son père, commerçant, menuisier-ébéniste, courtier dans l’immobilier, est le fils de l’un des grands maîtres de la musique arabo-andalouse de la ville de Tlemcen.

En 1931, il assiste au décès soudain de son père dont les affaires avaient quelque peu périclité. La famille Dib se retrouve ainsi dans une situation financière délicate. Cette période difficile est suggérée dans les premiers romans de Mohammed.

Malgré les difficultés, Mohammed décide de partir étudier au lycée d’Oujda, au Maroc, et rejoint par la même occasion sa tante maternelle. C’est au cours de ces mêmes années qu’il commence véritablement à écrire, mais également à peindre.

En 1938, alors qu’il quitte tout juste le lycée, Mohammed prend un poste d’instituteur au lieu-dit Zoudj Beghal, situé dans une région aride à la frontière algéro-marocaine. Il évoquera cette expérience dans le chapitre « Incertaine enfance » de son roman Simorgh.

Pendant deux ans à partir de 1940, Mohammed est civil au Génie militaire à Tlemcen avant de devenir interprète-rédacteur français-anglais au Service Prêt-Bail à Alger. À partir de 1944, Mohammed exerce divers métiers et devient ainsi comptable, dessinateur, fabricant de tapis, percepteur, entre autres.

En 1946, il publie, sous le pseudonyme de Diabi, un premier poème intitulé « Été » dans la revue Lettres fondée à Genève pendant la Seconde Guerre mondiale par Pierre Jean Jouve, puis en 1947, le poème « Véga » dans la revue Forge dirigée à Alger par Emmanuel Roblès.

C’est en 1948, lors des Rencontres de Sidi Madani organisées près de Blida par les Mouvements de la Jeunesse et d’Éducation populaire qu’il fait la rencontre d’Albert Camus, Louis Guilloux, Brice Parain, Jean Cayrol, et qu’il se lie d’amitié avec Jean Sénac. À cette époque, Mohammed a déjà rédigé de nombreuses nouvelles qui lui serviront d’ébauches pour ses premiers romans. En 1948, poussé par ces rencontres, il effectue également un voyage en France.

De 1950 à 1952, Mohammed travaille comme journaliste pour un journal proche du Parti communiste algérien et fait notamment des reportages sur les mouvements sociaux en Algérie. Ses articles évoquent bien souvent les conditions de vie des Algériens sous domination coloniale. Il rédige aussi de nombreuses critiques culturelles. Toujours dans le début des années 1950, il publie ses premières nouvelles dans les revues de ses amis Jean Sénac et Emmanuel Roblès.

En 1951, il épouse Colette Bellissant, fille de son ami Roger Bellissant, un instituteur progressiste de Tlemcen.

En 1952, à l’occasion de la publication aux éditions du Seuil de son roman La Grande Maison, premier volet de sa trilogie Algérie, il effectue un nouveau voyage en France. Si l’accueil de ce roman par la presse coloniale est réservé, la presse française est quant à elle sous le charme. Louis Aragon et André Malraux manifestent eux-mêmes leur intérêt. Pour ce livre, Mohammed se verra décerné le prix Fénéon en 1953. Le deuxième volet L’incendie paraît l’année du déclenchement de la guerre, en 1954, alors que le troisième, Le Métier à tisser est publié en 1957. Ces trois romans évoquent les difficiles conditions de vie au sein des villes et des campagnes mais également les revendications naissantes.

En 1956, Mohammed publie son premier recueil de nouvelles intitulé Au Café aux Éditions Gallimard puis en 1958 un album de contes pour enfants titré Baba Fekrane aux éditions de la Farandole.

En 1959, il décide de partir s’installer à Mougins dans les Alpes Maritimes, où vivent ses beaux-parents. Deux années plus tard, soutenu et préfacé par Louis Aragon, il fait paraître son premier recueil de poésie intitulé Ombre gardienne pour lequel il obtient le prix René Laporte. Le début des années 1960 marque également le passage de son écriture vers le fantastique et l’allégorique.

En 1964, il emménage à Meudon avant, en 1967, de rejoindre La Celle-Saint-Cloud.

L’année 1968 voit le premier volet intitulé La Danse du roi d’un nouveau cycle romanesque être publié. Il est suivi en 1970 de Dieu en Barbarie puis en 1973 de Maître de chasse. Cette trilogie explore le devenir de la société algérienne post-indépendante. En 1970 également est publié son deuxième recueil de poésie Formulaires, aux éditions du Seuil.

À partir de 1972, il se rend très souvent en Finlande où il travaille, aux côtés de Guillevic, à des traductions d’écrivains finlandais. Ces séjours lui inspireront la trilogie nordique publiée à partir de 1989 et composée des titres Les Terrasses d’Orsol, Neiges de marbre et Le Sommeil d’Ève. Ces récits seront suivis de L’enfant maure paru en 1994.

En 1977, sa pièce de théâtre Mille hourras pour une gueuse est présentée au Festival d’Avignon. Elle sera la seule éditée. De 1983 à 1986, Mohammed Dib est professeur associé au Centre international d’études francophones de la Sorbonne. Il y enseigne l’écriture littéraire.

En 1994, le Grand Prix de la Francophonie lui est décerné par l’Académie française. Mohammed est alors le premier écrivain maghrébin à remporter ce prix.

Il meurt le 2 mai 2003 à l’âge de 82 ans, à La Celle Saint-Cloud, où il est enterré.

Bibliographie

Roman

  • Habel, Éditions de la Différence, 2011.
  • O Deserto sem Saida, Quetzal Editores, 2009.
  • Le désert sans détour, Éditions de la Différence, 2006.
  • Cours sur la rive sauvage, Éditions du Seuil, 2005.
  • L. A. trip, Éditions de la Différence, 2003.
  • Simorgh, Albin Michel, 2003.
  • Neiges de marbre, Éditions de la Différence, 2003.
  • Le sommeil d’Eve, Éditions de la Différence, 2002.
  • Les terrasses d’Orsol, Éditions de la Différence, 2002.
  • Comme un bruit d’abeilles, Albin Michel, 2001.
  • Un été africain, Éditions du Seuil, 1998.
  • Si Diable veut, Albin Michel, 1998.
  • Le maître de chasse, Éditions du Seuil, 1997.
  • Habel, Éditions du Seuil, 1994.
  • L’infante maure, Albin Michel, 1994.
  • Le désert sans détour, Éditions Sindbad, 1992.
  • Neiges de marbre, Éditions Sindbad, 1990.
  • Le sommeil d’Eve, Éditions Sindbad, 1989.
  • Le maître de chasse, Éditions du Seuil, 1987.
  • Les terrasses d’Orsol, Éditions Sindbad, 1985.
  • Cours sur la rive sauvage, Éditions du Seuil, 1985.
  • La danse du roi, Éditions du Seuil, 1978.
  • Habel, Éditions du Seuil, 1977.
  • Le Maître de chasse, Éditions du Seuil, 1973.
  • Dieu en Barbarie, Éditions du Seuil, 1970.
  • La danse du roi, Éditions du Seuil, 1968.
  • Cours sur la rive sauvage, Éditions du Seuil, 1964.
  • Qui se souvient de la mer, Éditions du Seuil, 1962.
  • Un été africain, Éditions du Seuil, 1959.
  • Le Métier à tisser, Éditions du Seuil, 1957.
  • L’incendie, Éditions du Seuil, 1954.
  • La grande maison, Éditions du Seuil, 1952.

Poésie

  • Formulaires, Éditions du Seuil, 2020.
  • Œuvres complètes de Mohammed Dib, Éditions de la Différence, 2007.
  • Omneros, Éditions de la Différence, 2006.
  • L. A. trip, Éditions de la Différence, 2003.
  • Ombre gardienne, Éditions de la Différence, 2003.
  • Feu beau feu, Éditions Marsa, 2002.
  • Feu beau feu, Éditions de la Différence, 2001.
  • Le cœur insulaire, Éditions de la Différence, 2000.
  • L’enfant-jazz, Éditions de la Différence, 1998.
  • Ô vive, Éditions Sindbad, 1987.
  • Feu beau feu, Éditions du Seuil, 1984.
  • Ombre gardienne, Préface de Louis Aragon, Éditions Sindbad, 1984.
  • Formulaires, Éditions du Seuil, 1983.
  • Feu, beau feu, Éditions du Seuil, 1979.
  • Omneros, Éditions du Seuil, 1975.
  • Formulaires, Éditions du Seuil, 1970.
  • Ombre gardienne, Éditions Gallimard, 1961.

Jeunesse

  • L’histoire du chat qui boude, Albin Michel Jeunesse, 2003.
  • Baba Fekrane, contes d’Algérie, dessins de Mireille Miailhe, Éditions de la Farandole, 1959.

Nouvelles

  • Le talisman, Actes Sud, 1997.
  • Au café, Actes Sud, 1996.
  • La nuit sauvage, Albin Michel, 1995.
  • Au café, Éditions Sindbad, 1984.
  • Le Talisman, nouvelles, Éditions du Seuil, 1966.
  • Au café, Éditions Gallimard, 1962.
  • Au café, Éditions Gallimard, 1955.

Théâtre

  • Mille hourras pour une gueuse, Éditions du Seuil, 1980.

Autres

  • Lire, relire Mohammed Dib, Éditions du Tell, 2003.
  • L’arbre à dires, Albin Michel, 1998.
  • L’aube Ismaël, louange, Éditions Tassili, 1996.
  • Littérature de Finlande, Europe, 1985.
  • L’Histoire du chat qui boude, Éditions de la Farandole, 1974.

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