Jules Renard

Jules Renard, de son véritable nom Pierre-Jules Renard, naît le 22 février 1864 à Châlons-du-Maine, en Mayenne.

Son père, entrepreneur de travaux publics, est républicain, franc-maçon et anticlérical. Sa mère, quant à elle, est une catholique dévote qui ne supporte ni son mari ni le jeune Jules qu’elle considère comme non désiré, préférant ainsi son autre fils Maurice et sa fille Amélie. L’enfance de Jules, passée à Chitry-les-Mines dans le pays de son père, est donc compliquée. Le roman Poil de Carotte paru en 1894 est d’ailleurs très largement inspiré de cette période difficile, sans véritable amour.

Enfant, Jules est envoyé dans une pension à Nevers avant de rejoindre le lycée Charlemagne à Paris au sein duquel il est reçu bachelier ès lettres en 1883. Il débute alors la préparation du concours de l’École normale supérieure mais y renonce rapidement afin de se consacrer davantage à l’écriture et à la lecture. C’est à cette période qu’il commence à fréquenter les cafés littéraires, les théâtres parisiens, et qu’il rencontre la pensionnaire de la Comédie-Française Danièle Davyle. Cette dernière lui inspirera le personnage de Blanche dans Le Plaisir de rompre de 1897. Il publie aussi ses premiers textes dans quelques revues.

Le 28 avril 1888, alors âgé de 24 ans, il épouse Marie Morneau, de sept ans sa cadette, qui apporte une belle dot. C’est au 44 rue du Rocher à Paris que le jeune couple s’installe.

En 1889, Jules Renard participe à la fondation du Mercure de France au sein duquel il est à la fois rédacteur en chef, critique théâtral et administrateur. Dès 1890, il publie Sourires pincés, recueil de ses textes parus dans le Mercure de France.

Dans les années 1890, Jules Renard fréquente Alphonse Allais, Tristan Bernard, Edmond Rostand, Courteline, Huysmans, Marcel Schwob, Alphonse Daudet, les Goncourt, Lucien Guitry et Sarah Bernhardt. C’est principalement après la publication en 1892 de L’Écornifleur, roman relatant l’histoire d’un littérateur parasite, que Jules connaît un véritable succès. Il commence alors à publier des textes dans le Figaro, l’Écho de Paris et Gil Blas.

En 1893, il publie Coquecigrues et La lanterne sourde et achève l’écriture de sa première pièce, La Demande, qui sera montée en 1895. En 1894, il entre à la Société des gens de lettres et publie Poil de Carotte, qui obtient immédiatement un grand succès.

À partir de 1895, Jules Renard passe plusieurs mois par an à Chaumot, proche de Chitry-les-Mines. L’année 1896 est marquée par la parution des Histoires naturelles et de La Demande.

C’est 1897 qu’est créée sa pièce Le Plaisir de rompre, aux Bouffes-Parisiens. Son père, malade depuis de nombreuses années, se suicide d’un coup de fusil de chasse en plein cœur cette même année.
Jules Renard commence alors la rédaction de son Journal 1887-1910 qui sera publié de façon posthume de 1925 à 1927.

Lors de l’affaire Dreyfus, en 1898, il prend position pour les dreyfusards. La même année, sa pièce Le Pain de ménage, pièce dans laquelle joue Lucien Guitry, connaît un nouveau succès, qui sera suivi l’année suivante du triomphe réservé à la version théâtrale de Poil de Carotte jouée au Théâtre-Antoine.

La Légion d’honneur lui est attribuée en 1900. Jules Renard devient alors conseiller municipal de Chaumot. C’est à cette période qu’il commence à rédiger de nombreux articles politiques, républicains et anticléricaux qui paraissent surtout dans le journal L’Écho de Clamecy. Il devient par la suite, succédant ainsi à son père, maire de Chitry en 1904. Il occupera cette fonction jusqu’en 1910. Il s’engage également dans la lutte contre l’ignorance.

En 1901, la pièce Le Plaisir de rompre est représentée à la Comédie-Française.

Le 31 octobre 1907, Jules Renard est élu membre de l’académie Goncourt, succédant à Huysmans.

En 1909, sa mère, ayant perdu la raison, décède en tombant dans le puits de la maison familiale. La même année, la pièce La Bigote est créée à l’Odéon.

Jules Renard meurt à Paris le 22 mai 1910. Il est enterré civilement à Chitry-les-Mines dans le tombeau en forme de livre ouvert qu’il a fait construire après la mort de son frère en 1900.

Bibliographie

Romans et Nouvelles

  • Les Roses, Les Bulles de sang, Poésies dites par Mme Danièle Davyle de la Comédie-Française, 1886.
  • Crime de village, recueil de nouvelles, 1888.
  • Sourires pincés, 1890.
  • L’Écornifleur, 1892.
  • La Lanterne sourde, 1893.
  • Coquecigrues, 1893.
  • Deux fables sans morale, 1893.
  • Le Coureur de filles, 1894.
  • Poil de carotte, 1894.
  • Histoires naturelles, 1894.
  • Le Vigneron dans sa vigne, 1894
  • X… roman impromptu, 1895.
  • La Maîtresse, 1896.
  • Bucoliques, 1898.
  • Les Philippe, 1907.
  • Patrie, 1907.
  • Mots d’écrit, 1908.
  • Ragotte, 1909.
  • Nos frères farouches, 1909.
  • Causeries, 1910.
  • L’Œil clair, 1913.
  • Les Cloportes, 1919.

Rééditions

  • La Lanterne sourde, Éditions Gallimard, 1957.
  • La Maîtresse, Éditions Gallimard, 1957.
  • L’Écornifleur, Éditions Gallimard, 1980.
  • Histoires naturelles suivi de Nos frères farouches, Ragotte, Éditions Gallimard, 1984.
  • Poil de carotte, Le Livre de Poche, 1984.
  • Les Cloportes, Éditions Gallimard, 1993.
  • Histoires naturelles, Flammarion, 1999.
  • Crime de village, recueil de nouvelles, Éditions Mille et Une Nuits, 2001.

Théâtre

  • La maîtresse, 1896.
  • Le Plaisir de rompre, 1897.
  • Le Pain de ménage, 1898.
  • Poil de Carotte, 1900.
  • Monsieur Vernet, 1903.
  • La Bigote, 1909.
  • Huit jours à la campagne, 1912.
  • Le Cousin de Rose, 1914.

Journal

  • Journal, 1887-1910, 1925.
  • Leçons d’écriture, Les Éditions du Sonneur, 2008.